Maintenant qu’il a 1 an, votre enfant a un menu qui ressemble presque totalement au menu familial. Il prend ses 3 repas familiaux avec vous, ainsi que 1 ou 2 collations. Seules la présentation des assiettes et la grosseur des portions changent.
Mais, bientôt, son comportement alimentaire va changer : en pleine conquête de son autonomie, votre petit s’intéresse à tout et le repas n’est, pour lui, qu’une activité parmi d’autres. Plutôt que de manger, il préfère apprendre à grimper, à sauter, à parler, à chanter, etc.
Si, durant sa première année, son poids à la naissance a triplé, son appétit va baisser, et sa croissance va ralentir pendant un certain temps. Tôt ou tard, vous allez donc sûrement assister à quelques variations d’appétit et à quelques caprices qui nécessiteront de la patience et de la tolérance de votre part.
Il est vrai que cela peut être parfois un peu frustrant, mais vous devez comprendre que ce manque d’appétit a une double dimension. D’abord, il transmet le message du corps, qui a moins besoin de nourriture. Ensuite, il donne surtout à l’enfant un certain pouvoir, une base de négociation : refuser des aliments lui permet d’affirmer sa soif d’autonomie.
Pour vous rassurer, dites-vous que l’enfant évalue son niveau de satiété instinctivement et beaucoup mieux que les adultes. De plus, il se contrôle et se rattrape de façon naturelle : s’il mange peu d’aliments ou des aliments fournissant peu d’énergie à un repas, il mangera davantage ou choisira des aliments plus énergétiques au prochain repas.
Comment réagir devant un bambin qui dit non?
- Tenez compte du ralentissement de sa croissance.
Celui-ci est normal, et votre enfant va spontanément réduire son alimentation. - Acceptez la conquête de son autonomie.
Un jour, il aimera un menu; la fois suivante, il le refusera. Cela fait partie de son apprentissage de l’autonomie. Si vous ne respectez pas cela, vous l’amènerez à établir une mauvaise relation avec les aliments. - Respectez toujours son appétit.
En d’autres mots, ne le forcez jamais à manger : plus vous manifesterez de l’inquiétude et de la sévérité, plus il essayera de dire non; et surtout, son rapport aux aliments sera malsain. La nourriture deviendra sa façon d’attirer votre attention. Il mangera trop pour vous faire plaisir et obtenir votre affection, ou il refusera de manger s’il éprouve trop de pression ou s’il se sent dévalorisé. - Gardez le cap sur la qualité plutôt que sur la quantité.
Puisqu’il manifeste un manque d’appétit passager, mieux vaut insister sur la qualité et sur la variété des aliments, quitte à le laisser manger peu. - Allégez ses collations et espacez-les.
Ne lui donnez pas de collation moins de 2 heures avant un repas. Servez uniquement des collations nutritives, comme des légumes, des fruits et du fromage. Évitez de lui donner trop de jus ou de lait entre les repas. - Évitez d’utiliser le dessert comme un moyen de pression.
Il apprendra à le considérer comme une récompense suprême et comme un aliment réconfortant. Or, le dessert ne devrait pas être une récompense en soi, mais plutôt faire partie d’un menu. Idéalement, ce devrait être un fruit ou un yogourt nature. Si votre enfant vous dit qu’il n’a pas faim quand vous lui servez du pâté chinois, il doit pouvoir manger une portion de yogourt nature ou un fruit sans être pénalisé.
Enfin, ne vous découragez pas! Les enfants ne se laissent jamais mourir de faim. Et puis, les recherches montrent qu’ils doivent parfois être exposés de 5 à 10 fois à un nouvel aliment avant de l’accepter. N’hésitez donc pas à redonner de temps en temps à votre petit de petites quantités d’un aliment qu’il a refusé dans le passé, jusqu’au jour où il en mangera avec appétit.
Cultiver l’amour du repas Chez les parents d’Emma, même du haut de ses 20 mois, le repas est l’un des moments où « ça jase » le plus. « Je lui demande avec qui elle a joué à la halte-garderie, si elle a vu des éléphants ou des grenouilles dans la journée. Notre discussion est sans limites! », confie son père, François. « Pendant ce temps, sans réfléchir, elle mange presque comme nous. » Au CPE des Carrefours, où dînent 80 enfants, l’ambiance à table est également très importante. « On essaie d’en faire un moment magique, pour que les enfants aiment cette activité et y trouvent du plaisir chaque fois. On évite toute confrontation ou punition, on prend notre temps et on reste à leur écoute, tout en discutant », explique la conseillère pédagogique Nathalie Ré. C’est, en effet, pendant les repas que les enfants développent des aptitudes sociales, apprennent à participer, à échanger, à affirmer leur personnalité. Idéalement, le repas doit donc être pris à heure constante, dans une ambiance détendue et sans télévision. Ce qui n’est pas toujours le cas. Selon l’enquête de l’Institut de la statistique du Québec, 31 % des enfants ne considéreraient pas le climat du repas comme « agréable ». Soit parce qu’il se donne en vitesse et n’offre pas l’occasion de se parler, soit qu’il donne lieu à des disputes (16 %). De même, à 4 ans, 42 % des enfants québécois écoutent très fréquemment la télévision pendant les repas. Un conseil : si vous voulez favoriser la communication avec votre tout-petit et son amour du repas, éteignez la télévision! Source : bien Grandir, Volume 2, numéro 3 |
| Révision médicale - août 2008
Nathalie Jobin, Ph. D. nutritionniste |
Références Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est donc possible qu’un lien devienne introuvable. Dans un tel cas, utilisez les outils de recherche pour retrouver l’information désirée. - L’encyclopédie sur le développement des jeunes enfants. Cette Encyclopédie publiée sur Internet est accessible gratuitement. Elle couvre des thèmes traitant du développement psychosocial de l’enfant, de la conception à cinq ans, et présente les connaissances scientifiques les plus récentes. Les messages à retenir sur chacun des thèmes, présentés dans un format pratique, sont destinés aux parents et aux intervenants. www.enfant-encyclopedie.com
- Côté, Stéphanie; Un enfant sain dans un corps sain, Éditions de L’Homme. 2008
- Du plaisir à bien manger, Nathalie Regimbal et Manon Valade, 2006. Une nutritionniste offre aux parents et aux cuisinières de CPE 80 recettes gagnantes, testées auprès des principaux concernés. À se procurer dans certains CPE et sur le site Internet : www.duplaisirabienmanger.com
- Étude à consulter : Desrosiers, H. et autres (2005), Enquête de nutrition auprès des enfants québécois de 4 ans, Québec, ISQ, 163 p. www.stat.gouv.qc.ca
- Lambert-Lagacé, Louise; Comment nourrir son enfant : du lait maternel au repas complet, Éditions de l’homme, Québec, 2007.
- Lambert-Lagacé, Louise; La sage-bouffe de 2 à 6 ans, Éditions de l’homme, 1984.
- Le Guide alimentaire canadien (2007) : www.hc-sc.gc.ca (commande possible en ligne ou en composant le 1 800 O-Canada (1 800 622-6232)
- Le guide de l’alimentation saine et naturelle, Renée Frappier, Éditions Maxam, 1987.
- Les diététistes du Canada : www.dietitians.ca
- Mieux vivre avec notre enfant de la grossesse à deux ans, Guide pratique pour les mères et les pères. Institut national de santé publique du Québec, Québec, 2007. www.inspq.qc.ca
- Passeport Santé. Alimentation des touts petits. www.passeportsante.net
- Site Internet Le Festin enchanté de Cru-Cru - Site gouvernemental pour faire aimer les fruits et légumes à nos tout-petits, qui offre aussi plein d’idées recettes amusantes pour les fêtes d’enfants! www.msss.gouv.qc.ca
- Société canadienne de pédiatrie, Soins de nos enfants — La promotion de saines habitudes alimentaires. www.cps.ca/soinsdenosenfants/
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